Un nouvel invité : le cèdre de l’Atlas

Cèdre de l’Atlas, vu de haut, dans son fourreau protecteur

En plein confinement, de jeunes cèdres de l’Atlas voient le jour en Creuse. Promesse de vie face à tant d’adversité.

La France s’est mise à l’arrêt au printemps 2020 pour cause de Covid19. Un épisode hors du temps, inédit, désastreux pour l’économie. Les arbres, eux, ont continué à pousser, bon gré mal gré. Le manque d’eau s’est fait sentir pour certains. On espérait un printemps bien pluvieux mais, tandis que les confinés-avec-jardin-terrasse-balcon se réjouissaient du beau temps, les agriculteurs, sylviculteurs, viticulteurs, maraichers et tous ceux qui vivent des fruits de la nature entendaient déjà les plaintes de leurs cultures dues au stress hydrique. On verra ce que la météo nous réserve pour l’été.

Nul doute que les prémices de la décennie 2020 nous ébranlent.

Jeune plant de cèdre de l’Atlas, vu de haut, avril 2020

Dans ce contexte très particulier, une trentaine de cèdres de l’Atlas poussent silencieusement dans un coin de Creuse. Discrètement plantés mi-avril 2020, en plein confinement, ces jeunes plants se révèlent, trois mois plus tard, très prometteurs. Grâce aux bons soins des protagonistes de l’affaire : Xavier, le planteur et gestionnaire forestier ; Françoise et Daniel, les propriétaires attentionnés qui ont bichonné ces petits nouveaux avec manchons-anti-chevreuil, toile anti-mauvaise-herbes, piquets et surtout arrosage ciblé dès les premiers jours de manque d’eau. Après tout, les agriculteurs déroulent des kilomètres de tuyaux et canalisations pour arroser leurs plantations ; pourquoi pas les sylviculteurs ! Adepte du système D, Daniel a pris à cœur d’apporter de l’eau à ces 30 plants à l’aide de sa Peugeot 206 et d’une dizaine de jerricanes.

Plantation symbolique

Ces cèdres, situés en bordure d’une jeune plantation de mélèzes et douglas, sont issus d’une famille de conifères que nous n’avions pas l’habitude de planter à ces latitudes et altitudes jusqu’alors. On verra s’ils s’acclimatent bien. Un test à suivre de près. Le choix de l’essence revient à Xavier ; la décision de planter ces arbres est la mienne. Mais le coronavirus a perturbé le scénario : initialement ces 30 plants devaient être mis en terre par les membres de ma famille pour marquer les esprits dans un contexte de donation de parts d’un groupement forestier. Finalement c’est Xavier qui a planté et mes parents qui, confinés en Creuse, ont prodigué les premiers soins. Cette jeune plantation symbolise d’autant mieux la transmission en cours !

Vu de côté, cèdre de l’Atlas tout juste planté, avril 2020

De leur côté, les frères ainés qui l’entourent doivent eux aussi s’adapter à leur environnement malgré les assauts impitoyables des charançons hylobes, des chevreuils, et des canicules 2018 puis 2019. Envahis de ronces, fougères et genets, les mélèzes et douglas devraient en être dégagés dans les prochaines semaines. Libération d’une part, exposition à de nouvelles attaques d’autre part. Le répulsif contre les cervidés suffira-t-il ? La canicule va-t-elle encore sévir ?

Les jeunes cèdres sont dans leur fourreau bleu, à côté de douglas et mélèzes

Ainsi va la vie du groupement forestier, partagée entre de belles promesses et des incertitudes – conjuguées avec les propositions parfois étrangement radicales de la Convention citoyenne pour le Climat. Mais l’optimisme reste notre meilleur allié. Restons fans de forêt !

Juliette

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